SCEAUX (92) - CARTES POSTALES

 

DOMAINE DE SCEAUX. Le Château, vu de l'Allée de Montlhéry
vers 1935
carte postale
9 x 14 cm
Ham-Paris, collection Beaurain

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Correspondance :

" [j'] sommes de sortie. Bons baisers.
[Yves et Jean] "

Adressée à " Melle B. Maignan / E. S. F. / Maternité de Poitiers / Vienne "

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Commentaire :

La bordure blanche de l'encadrement et la piètre qualité du papier suggèrent une date d'édition située autour de 1935, peu avant ou après l'inauguration du parc de Sceaux par le président de la République Albert Lebrun. 

La carte postale est, selon toute vraisemblance, adressée à l'Ecole des Sages-Femmes (E. S. F. ) de la Maternité de Poitiers. 

Le point de vue se situe au débouché de l’allée transversale qui file en contrebas de la grande allée menant aux cascades. Dans ses Combats pour le patrimoine, Georges Poisson, conservateur historique du musée de l'Île-de-France, écrit à ce propos : "Près de l'allée de la Duchesse, une percée boisée, établie, dit-on, sur l'ordre de Louis XIV, se nommait allée de Montlhéry, car tracée dans l'axe de la célèbre tour, que l'on apercevait à l'horizon. En 1955, cette perspective sera interrompue par un immeuble, sans que personne s'en aperçût ou s'en souciât."

Située au sud du domaine de Sceaux, Montlhéry était en effet remarquable pour sa tour, vestige d'un ancien château médiéval. On peut lire, ici ou là, que la duchesse du Maine effectuait, au XVIIIe siècle, des observations astronomiques et contemplait la campagne environnante depuis les parties hautes de son pavillon de la Ménagerie : « Parmi 'les hautes sciences', l’astronomie [tenait] une place essentielle dans [l']esprit [de la duchesse du Maine]. Depuis les premières leçons de M. de La Bruyère (...), jamais sa passion pour les astres ne s’est démentie. D’aucuns y ont même vu la cause de son obstination à faire bâtir son pavillon de la ménagerie. A l’étage de ce bâtiment situé au point culminant du domaine, une galerie extérieure en belvédère offr[ait] une vue imprenable sur la campagne. Aucun autre lieu à la ronde ne présent[ait] un tel panorama. A la belle saison, après une nuit de jeux et de fêtes, on v[enait] y contempler l’astre du jour s’élevant au-dessus des hauteurs de L’Hay. Chacun admir[ait], loin vers le sud, les couleurs ocre[s] et rougeoyantes de la tour de Montlhéry mais aussi les teintes chaque fois renouvelées éclairant la vallée de la Bièvre » (J.-L. Gourdin, La Duchesse du Maine, Paris, Pygmalion, 1996, p. 292-293).

Cette anecdote, sans doute plus proche du mythe que de la réalité, justifie probablement cette ancienne appellation, aujourd’hui complétement oubliée.

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Nicolas DELOBEL
Flore et Zéphyr
1752
huile sur toile
Sceaux, pavillon de l'Aurore, cabinet latéral sud

Il est intéressant de noter que Nicolas Delobel (1693-1763) dispose discrètement la tour de Montlhéry au fond du paysage accueillant Flore et Zéphyr, qui forment le sujet d'un tableau peint en 1752, à la demande de la duchesse du Maine, pour l'un des cabinets du pavillon de l'Aurore, en mémoire de la cinquième Nuit de Sceaux. 

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SCEAUX DOMAINE CP142

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