PARIS (75) - CARTES POSTALES

 

Entrée du Parc Monceau. PARIS
après 1904
carte postale (H. L.)
14 x 9 cm
Ham-Paris, collection Beaurain

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Commentaire :

Le revers de l'illustration est divisé en deux parties égales réservées à la correspondance et à l'adresse du destinataure, suggérant une date d'éidition postérieure à 1904.

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En 1769, Louis-Philippe d’Orléans (1747-1793), alors duc de Chartres, futur Philippe-Egalité, entreprit l’aménagement d’un jardin d’agrément au nord-ouest de Paris, à l’extérieur des limites de la ville. Il choisit de l’implanter à proximité du petit village de Monceau qui, depuis le XVIIe siècle, s’était développé sur l’actuel quartier parisien de Plaine-de-Monceaux.

Dans un premier temps, le prince fit appel à l’architecte Louis-Marie Collignon, qui dessina un pavillon et un jardin régulier. Mais en 1773, il souhaita agrandir le jardin et le convertir à la mode « anglo-chinoise », en provenance d’Angleterre. Le duc de Chartres confia la responsabilité de ce jardin d’un genre nouveau à un homme de confiance, Louis Carrogis de Carmontelle, qui était, en 1763, entrée à son service en qualité de lecteur. 

Le duc de Chartres ne doutait apparemment pas des capacités de Carmontelle, qui avait autrefois participé à la guerre de Sept ans en qualité d’ingénieur-topographe. Se défendant d’être anglomane, Carmontelle composa plus exactement un jardin « pittoresque » aux mille et une facettes. Au pavillon principal érigé par Collignon, il fit ajouter quatre galeries en étoile, puis envisagea de réunir « en un seul jardin tous les temps et tous les lieux ».

A la veille de la Révolution, la « Folie de Chartres » fut incluse dans les limites de la ville, que l’Enceinte des Fermiers-Généraux entourait désormais. Construite à des fins fiscales, cette enceinte devait empêcher les Parisiens de frauder l’octroi : elle consistait en un mur longé par un chemin de ronde à l’intérieur, et percé d’une soixantaine de barrières dont la construction fut confiée à Claude-Nicolas Ledoux.

Ce mur passait au nord du domaine du duc de Chartres, titré Orléans depuis la mort de son père, en 1785. Le prince obtint qu’un fossé, avec un mur en son milieu, formât la clôture du domaine. Deux barrières (Courcelles et Monceau) furent élevées et, entre ces deux barrières, un bureau d’octroi (rotonde de Chartres), poste d’observation idéal sur la plaine de Monceau, qui marque aujourd’hui l’entrée du parc actuel sur le boulevard de Courcelles.

En 1793, Philippe-Egalité monta sur l’échafaud et son domaine, à peine remodelé, fut mis sous séquestre. En l’absence d’acquéreur, l’ancienne « Folie de Chartres » fut, sous le Directoire, louée à des entrepreneurs de fêtes.

Sous la Restauration, le domaine redevint un bien de la Couronne, mais Louis-Philippe, alors duc d’Orléans, s’en sépara pour rembourser ses créanciers, avant de le racheter en 1819.

Le jardin de Monceau revint aux enfants de Louis-Philippe lorsque celui-ci monta sur le trône en 1830. Mais en 1852, l’Etat contesta la régularité de la donation et établit l’attribution de la moitié du domaine à l’Etat. La situation ne fut tranchée qu’en 1860, lorsque la Ville de Paris annexa plusieurs communes limitrophes, dont le village de Batignolles-Monceau. L’Enceinte des Fermiers-Généraux, limite administrative de la ville désormais obsolète, fut démolie, et ses chemins de ronde, transformés en boulevards. 

Au mois de janvier 1861, les travaux de réaménagement de l’ancienne « Folie » débutèrent sous la direction de Jean-Charles Alphand et Jean-Pierre Barillet-Deschamps. Le jardin évolua en grand parc à l’anglaise, sur le modèle des squares parisiens. De larges avenues permirent aux voitures hippomobiles de passer directement d’un point à l’autre. Bordées de pelouses clôturées de petites grilles, elles furent dotées de trottoirs réservés aux promeneurs, aujourd’hui longés de bancs. Des chemins secondaires, plus étroits et uniquement piétonniers, offrirent en outre l’occasion de se promener à l’écart et d’apercevoir quelques-unes des fabriques de l’ancienne « Folie » volontiers conservées.

Une partie du parc Monceau fut alors lotie et, assez rapidement, de belles façades d’hôtels particuliers se dressèrent sur trois côtés. En lisière du nouveau parc, un jardinet clos d’une grille de fer devançait chaque façade. C’est Emile Péreire qui avait acquis les terrains de l’ancienne « Folie ». Dès 1861, il mit en vente les parcelles et fit tracer de nouvelles voies. Plusieurs d’entre elles, notamment celles donnant accès au parc, reçurent, en 1869, des noms de peintres.

Gabriel Davioud dessina les grilles monumentales formant les différentes entrées du parc. Du côté du boulevard de Courcelles, les grilles encadrent la rotonde de Chartres. Ces grilles en fer forgé, dont les ornements végétaux sont rehaussés d’or, comprennent une porte cochère monumentale, flanquée de deux portes piétonnières. Le même dispositif signale les entrées secondaires.

Ces entrées secondaires ferment l’extrémité des avenues menant au parc, bordées de somptueux hôtels particuliers.

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PARIS PARCS CP250

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