PARIS (75) - CARTES POSTALES

 

213. PARIS. L'Eglise St Sulpice
vers 1905
carte postale
14 x 9 cm
Ham-Paris, collection Beaurain

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Correspondance :

[Inscrit sur l'illustration]
" Amitié sincerre (sic)
Henriette Mingot "

Adressée à " Madame Dunand / 127 rue Blomet / [P]aris "

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Commentaire :

Le tampon de la poste donne la date de circulation "28 - [1]2 / 05". Le côté gauche de la carte postale est découpé irrégulièrement.

Au XIIIe siècle, une première église dédiée à saint Sulpice, évêque de Bourges et aumônier de Clotaire II, occupait sensiblement le même emplacement. En raison de l’accroissement de la population du faubourg Saint-Germain, la première église dédiée à saint Sulpice, évêque de Bourges et aumônier de Clotaire II, fut plusieurs fois agrandie dans le premier tiers du XVIIe siècle, sous la direction de l’architecte Christophe Gamard (mort en 1649). En 1636, cet architecte présenta un plan de reconstruction totale. Sous l’impulsion du curé Jean-Jacques Olier, fondateur du séminaire de Saint-Sulpice et de la compagnie des prêtres sulpiciens, ce plan fut approuvé en 1643.

En 1646, Anne d’Autriche posa la première pierre de la nouvelle église. Après la mort de Gamard et les troubles de la Fronde, Louis Le Vau (1612-1670) reprit le chantier et reçut l’ordre d’augmenter les proportions de l’église. Il remit par conséquent un nouveau projet en 1655, que son successeur Daniel Gittard (1625-1686) modifia à son tour. Gittard, véritable architecte de Saint-Sulpice, engagea la construction du chœur, des bas-côtés et du transept. Les travaux s’interrompirent en 1678, faute d’argent.

Le chantier de l’église reprit grâce au zèle d’un nouveau curé, Jean-Baptiste Languet de Gergy (1674-1750), qui se mit en tête d’achever la construction. Parvenant à convaincre d’utiles donateurs, il réussit à réunir une somme d’argent importante et chargea un élève de Jules Hardouin-Mansart, Gilles-Marie Oppenord (1675-1742), surtout connu comme ornemaniste, de réaliser le projet conçu par Daniel Gittard.

On ne s’intéressa pas à l’édification de la façade principale de l’édifice avant 1726. Pour son dessin, il fut décidé de lancer un concours auquel plusieurs architectes participèrent. Jean-Nicolas Servandoni (1695-1766) supplanta deux redoutables concurrents, qui avaient, l’un et l’autre, soumis des projets au style décoratif inapproprié : une façade baroque à la manière de Borromini, pour Oppenord, et une façade de style rocaille, pour Jules-Aurèle Meissonnier.

Servandoni se conforma en revanche aux lignes droites de l’architecture classique dessinée par Gittard. Son projet présentait en outre l’avantage d’une solution innovante de deux portiques superposés, bordés de tours latérales.

Selon les préconisations de Servandoni, les colonnes à chapiteau dorique du portique inférieur, accouplées en profondeur, supportent un entablement orné d’une frise à métopes et triglyphes. Les colonnes à chapiteau ionique du portique supérieur, qui constitue une sorte de loggia ou de galerie, supportent un entablement dépouillé, sous une corniche à modillons.

ortement influencé par la cathédrale Saint-Paul de Londres, le dessein de Servandoni demeura inachevé à sa mort. En outre, ses successeurs le dénaturèrent : le fronton imaginé par Servandoni pour couronner la façade, finalement édifié par Pierre Patte en 1766, mais détruit par la foudre en 1770, fut remplacé par une simple balustrade. Les trois statues destinées à orner les trois pointes de ce fronton ne prirent par conséquent jamais place.

Désigné par un nouveau concours, Oudot de Maclaurin succéda à Servandoni pour l’achèvement de la façade. C’est lui qui engagea l’érection des tours sur une base octogonale à fronton arrondi. Contesté, il dut céder sa place à Jean-François Chalgrin en 1772.

Le nouvel architecte redessina la tour nord, carrée et à fronton pointu, sans avoir le temps d’intervenir sur la tour sud, laissée inachevée par Oudot de Maclaurin. Les deux tours, l’une achevée et l’autre seulement dégrossie, possèdent un semblable second étage circulaire, mais une base dissemblable. Sur la tour sud, les pierres destinées à être sculptées, sont laissées en réserve.

Contrairement à la tour sud, la tour nord reçut un décor sculpté, logé entre les colonnes cannelées à chapiteau corinthien du second étage. Deux sculpteurs, Louis-Philippe Mouchy et Simon-Louis Boizot, furent chargés, à partir de 1780, de réaliser les figures des Quatre Évangélistes.

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PARIS EGLISES CP211

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